Assurance moto : ce que couvre vraiment chaque formule

L'assurance moto repose au minimum sur la responsabilité civile, seule garantie légale, puis sur un choix entre trois formules : au tiers, tiers étendu et tous risques. Ce qui les sépare n'est pas le tarif mais ce qui reste à votre charge après une chute, franchise appliquée et garantie du conducteur vérifiée.

En bref

  • Seule la responsabilité civile est obligatoire, sur une moto ou scooter : elle indemnise les tiers, jamais vos propres dommages corporels, votre casque et votre équipement, ni votre deux-roues.
  • La garantie du conducteur, ou protection du pilote, est l'option à regarder en premier sur un devis : sans elle, un accident responsable ne donne droit à aucune indemnisation corporelle, formule tous risques comprise.
  • Le barème légal du bonus-malus ne s'applique ni aux cyclomoteurs ni aux motocyclettes légères : sur ces cylindrées, chaque contrat fixe librement ses conditions de majoration après un sinistre.
  • La carte verte a disparu le 1er avril 2024 : la preuve d'assurance se lit dans le Fichier des véhicules assurés, et le mémo remis par l'assureur porte les coordonnées de l'assistance.

L'obligation légale, et ce qu'elle laisse de côté

L'article L211-1 du code des assurances impose d'assurer tout véhicule terrestre à moteur pour sa responsabilité civile. C'est la seule obligation : elle couvre les dommages que vous causez à autrui, piéton, automobiliste ou autre motard, et rien d'autre. Votre moto, votre équipement et votre propre corps en sont exclus par construction, puisque la responsabilité civile indemnise des tiers et que vous n'êtes pas un tiers pour vous-même.

Rouler sans cette garantie n'est pas une contravention mais un délit. L'article L324-2 du code de la route le punit de 3 750 euros d'amende, avec des peines complémentaires possibles : suspension ou annulation du permis de conduire, stage de sensibilisation, confiscation du véhicule. En pratique, beaucoup de cas se règlent par une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros, ramenée à 400 euros en cas de paiement rapide et portée à 1 000 euros au-delà du délai. En récidive, le plafond monte à 7 500 euros. Les conséquences financières d'un accident non assuré dépassent de loin ces montants, puisque le Fonds de garantie indemnise la victime puis se retourne contre le conducteur.

Depuis le 1er avril 2024, la carte verte et le papillon collé sur la fourche ont disparu. Le contrôle se fait par consultation du Fichier des véhicules assurés, que les forces de l'ordre interrogent directement, et l'assureur remet à la souscription un mémo véhicule assuré qui regroupe les références du contrat et les coordonnées de l'assistance. Ce document n'a pas valeur de preuve en lui-même : il sert surtout à remplir un constat. La fiche de Service-Public.fr détaille la procédure, et les consignes de la Sécurité routière précisent le cas des véhicules étrangers. Connaître les risques propres au deux-roues aide à mesurer ce qu'une garantie minimale laisse réellement de côté.

Tiers, tiers étendu, tous risques : ce qui change après une chute

Les trois formules du marché ne se distinguent pas par la qualité de la responsabilité civile, identique partout, mais par le nombre de garanties qui s'y ajoutent. Le tableau ci-dessous résume ce que chacune prend en charge dans le cas le plus fréquent : une chute seule, sans tiers identifié, à la sortie d'un rond-point mouillé.

Situation Au tiers Tiers étendu Tous risques
Dommages causés à un tiersOuiOuiOui
Vol et incendie de la motoNonSelon le contratOui
Chute seule, sans tiersNonNonOui, après franchise
Vos dommages corporelsOptionOptionOption
Équipement et accessoiresNonOptionOption
Assistance en cas de panneSouvent au-delà d'un seuil de distanceSouvent incluseIncluse

La ligne décisive est la quatrième, et elle est identique dans les trois colonnes. Vos dommages corporels relèvent d'une garantie distincte, facturée en option dans la quasi-totalité des assurances moto, y compris les formules tous risques. Passer au tous risques protège la machine, pas le pilote.

Entre les deux extrêmes se glisse une garantie que les devis nomment dommages collision, et qui explique beaucoup de malentendus. Elle couvre les dégâts subis par votre moto lors d'une collision avec un tiers identifié : un autre véhicule, un piéton, un animal dont le propriétaire est connu. Sa limite est dans son nom. Une collision contre un obstacle fixe, un muret ou un arbre, n'entre pas dans son champ, et une chute sans collision du tout, sur une plaque de gravillons, encore moins. Seule la garantie dommages tous accidents, propre à l'assurance tous risques, prend en charge ces deux cas. Un contrat annoncé comme couvrant la collision n'est donc pas un contrat qui couvre votre machine en toutes circonstances.

Le tiers étendu, parfois appelé tiers plus ou formule intermédiaire, n'a pas de définition normalisée. Deux contrats portant ce nom peuvent couvrir le vol et l'incendie dans un cas, seulement l'incendie et le bris de glace dans l'autre. C'est la première raison de lire le tableau des garanties, et de choisir une formule adaptée à son usage plutôt que l'offre la mieux présentée.

Quelles garanties une assurance moto comprend-elle ?
La responsabilité civile est la seule garantie obligatoire et elle ne couvre que les dommages causés aux tiers. S'y ajoutent, selon la formule et les options retenues, le vol, l'incendie, les dommages tous accidents, la garantie personnelle du conducteur, l'équipement, l'assistance et la protection juridique. Les garanties catastrophes naturelles et attentats sont, elles, rattachées automatiquement dès qu'un contrat comporte une garantie de dommages.

La garantie du conducteur, le poste que la responsabilité civile ne couvrira jamais

C'est l'angle mort le plus coûteux d'un contrat moto. Si vous êtes responsable de l'accident, ou s'il n'y a aucun tiers, la responsabilité civile ne vous indemnise pas : ni frais de santé restant à charge, ni perte de revenus, ni préjudice d'invalidité. La garantie personnelle du conducteur, appelée aussi protection du conducteur ou protection du pilote, existe précisément pour cela, et c'est la seule qui protège le pilote plutôt que la machine.

Trois points méritent d'être comparés avant de signer, parce qu'ils varient énormément d'un assureur à l'autre. Le plafond d'indemnisation d'abord, qui se compte en centaines de milliers d'euros sur les contrats les plus complets et bien moins ailleurs. Le seuil d'intervention ensuite : beaucoup de contrats n'indemnisent le préjudice corporel qu'au-delà d'un taux d'invalidité permanente, ce qui exclut en pratique les conséquences d'une fracture bien consolidée. Le barème utilisé enfin, droit commun ou barème contractuel, le second conduisant généralement à une indemnisation plus faible pour un même dommage.

Un motard qui roule tous les jours a donc souvent plus d'intérêt à prendre une formule au tiers avec une garantie du conducteur généreuse qu'un tous risques sans protection corporelle. C'est le seul arbitrage de cet ordre où la logique du choix s'inverse par rapport à l'assurance auto, où la valeur du véhicule pèse davantage.

Lire une franchise avant de signer

La franchise est la part du sinistre qui reste à votre charge. Elle ne figure presque jamais dans le devis récapitulatif et se lit dans le tableau des garanties, ligne par ligne : elle peut être différente pour le vol, pour l'incendie et pour les dommages tous accidents.

Les trois formes que prend une franchise

  • Fixe : un montant en euros, déduit de l'indemnisation quel que soit le coût des réparations. La plus lisible.
  • Proportionnelle : un pourcentage du montant du dommage, souvent encadré par un minimum et un maximum. Sur un sinistre lourd, c'est elle qui revient le plus cher.
  • Absolue ou relative : une franchise relative disparaît dès que le dommage dépasse son montant, une franchise absolue est toujours déduite. La nuance change tout sur les petits sinistres.

Le rachat de franchise, proposé en option sur de nombreux contrats, la ramène à zéro pour un surcoût annuel. Le calcul est simple : il devient intéressant si vous estimez déclarer un sinistre plus souvent qu'une fois tous les cinq ou six ans. Sur une moto peu utilisée, il ne se justifie pas.

Deux garanties s'ajoutent d'office dès qu'un contrat comporte une couverture de dommages, sans que personne ne les demande : la garantie catastrophes naturelles, issue de la loi du 13 juillet 1982, et la garantie attentats, qui couvre les dommages causés par des actes de terrorisme. Elles ne figurent pas dans les options parce qu'elles ne se négocient pas.

La première obéit à une franchise légale fixée par arrêté, identique chez tous les assureurs, qu'aucun rachat ne peut supprimer. Elle ne joue qu'après publication d'un arrêté de catastrophe naturelle visant la commune concernée : une inondation isolée, sans arrêté, relève de la garantie dommages ordinaire et de sa propre franchise. Sur une moto rangée dans un sous-sol, c'est une distinction qui décide de tout.

Le bonus-malus, et pourquoi les petites cylindrées y échappent

Le coefficient de réduction-majoration, fixé par l'annexe à l'article A121-1 du code des assurances, part de 1 à la première souscription. Chaque année sans sinistre responsable le multiplie par 0,95, soit 5 pour cent de réduction, jusqu'à un plancher de 0,50 atteint au bout de treize années. Chaque accident responsable le multiplie par 1,25, et le plafond est de 3,50. Le coefficient suit le conducteur, pas la moto, selon le même dispositif qu'en assurance auto : il se transporte d'un contrat à l'autre et se justifie par un relevé d'information que l'ancien assureur doit fournir.

Le point que presque aucun comparateur ne mentionne : ce barème légal ne s'applique pas à tous les deux-roues. Le texte en exclut les cyclomoteurs et les motocyclettes légères, catégories définies par l'article R311-1 du code de la route, c'est-à-dire les cylindrées les plus modestes jusqu'au 125, scooters compris. Sur ces véhicules, chaque assureur applique librement sa propre grille de majoration. Le texte de l'annexe sur Légifrance permet de le vérifier, et c'est une raison de plus de comparer les conditions générales quand on assure une 125 sportive plutôt qu'une grosse cylindrée.

Deux conséquences pratiques en découlent. Sur une 125, un sinistre peut être sanctionné plus lourdement que les 25 pour cent légaux, ou au contraire ne rien changer, selon l'assureur. Et le bonus acquis sur un 125 n'est pas toujours repris à l'identique lors du passage à une moto plus puissante, faute de barème commun.

Un accident responsable fait-il toujours perdre le bonus ?
Sur une moto soumise au barème légal, oui : le coefficient est majoré de 25 pour cent, ou de 12,5 pour cent si la responsabilité est partagée. Un sinistre non responsable, un vol ou un bris de glace n'ont en revanche aucun effet sur le coefficient. Sur un cyclomoteur ou une motocyclette légère, le barème légal ne s'applique pas et la règle est celle du contrat.

Ce qui fait varier le tarif, et où se creusent les écarts

La prime d'assurance moto se construit sur trois familles de données, que tout devis reprend dans le même ordre. Les caractéristiques du véhicule viennent en premier : cylindrée, puissance, valeur à neuf, année de mise en circulation, qu'il s'agisse d'une moto ou d'un scooter. Le profil du conducteur ensuite : âge, ancienneté du permis de conduire, ancienneté du coefficient, antécédents de sinistres, mention éventuelle d'un conducteur secondaire. Les conditions d'usage enfin : commune de stationnement, garage fermé ou voie publique, kilométrage annuel, trajets domicile-travail ou loisir.

Les leviers qui pèsent le plus

  • Le stationnement de nuit : un box fermé fait souvent plus pour la prime que le choix de la formule elle-même, surtout en zone urbaine dense.
  • La franchise acceptée : l'augmenter réduit la cotisation, au prix d'un reste à charge plus lourd le jour du sinistre.
  • Le mode de paiement : le règlement annuel évite les frais de fractionnement appliqués au paiement par mois, de l'ordre de quelques pour cent sur l'année.
  • Les options retenues : équipement, assistance zéro kilomètre, véhicule de remplacement, protection juridique et rachat de franchise peuvent, cumulées, peser autant que la garantie de base.

Un écart de plusieurs dizaines de pour cent entre deux devis portant sur le même profil et la même moto est courant, et il ne traduit pas une différence de qualité mais une politique de sélection des risques : le même profil sera cher chez l'un et accepté sans majoration chez l'autre. Les spécialistes de l'assurance deux-roues et les mutuelles de motards ne tarifent pas les mêmes profils de la même façon que les généralistes, et c'est précisément ce qui rend la comparaison utile.

Quel est le prix d'une assurance moto ?
Il n'existe pas de tarif de référence : la prime dépend de la cylindrée, du profil du conducteur, du lieu de stationnement et de la formule choisie, et ces quatre facteurs se multiplient entre eux. Un même conducteur peut obtenir des propositions écartées de plusieurs dizaines de pour cent selon l'assureur sollicité. La seule façon d'obtenir un chiffre fiable est de demander plusieurs devis sur des garanties strictement identiques.

Jeune permis, jeune conducteur et retour après interruption

Trois situations se ressemblent sur un devis et n'ont pas la même cause. Le jeune conducteur au sens des assureurs est celui dont le permis a moins de trois ans, et il subit une majoration qui décroît avec l'ancienneté. Le conducteur sans antériorité d'assurance, même âgé, part d'un coefficient de 1 sans historique à faire valoir. Le motard qui reprend la route après plusieurs années sans contrat perd le bénéfice de son ancien coefficient au-delà d'un certain délai, variable selon les assureurs.

Dans les trois cas, les leviers sont les mêmes. Choisir une cylindrée modérée, déclarer un stationnement sécurisé, accepter une franchise plus élevée, et se faire inscrire comme conducteur secondaire sur le contrat d'un proche avant de souscrire son premier contrat, pour construire une antériorité. Le choix du modèle compte autant que la négociation : notre guide des motos accessibles avec un permis A2 détaille les machines qui restent assurables sans devenir trop chères pendant les premières années.

Comment assurer une moto avec un jeune permis ?
En sollicitant d'abord les assureurs spécialisés deux-roues, qui tarifent ces profils plus finement que les généralistes, et en jouant sur les paramètres qui ne dépendent pas de l'ancienneté : cylindrée modérée, garage fermé, franchise plus élevée, kilométrage annuel déclaré avec réalisme. Une période en tant que conducteur secondaire sur le contrat d'un proche permet de se constituer une antériorité qui sera reprise ensuite.

Équipement, accessoires et top-case : les garanties qu'on découvre après la chute

Un équipement complet représente une somme que peu de motards mesurent avant de devoir le remplacer. Casque, blouson, gants certifiés, bottes et éventuellement gilet airbag : une glissade à faible vitesse peut détruire l'ensemble sans endommager gravement la moto. Or la garantie équipement est une option, absente des formules au tiers et souvent plafonnée à quelques centaines d'euros.

Trois conditions reviennent dans la plupart des contrats et méritent d'être vérifiées une fois pour toutes. Le plafond global, qui peut être inférieur au prix d'un seul gilet airbag haut de gamme. L'exigence d'homologation, la garantie ne couvrant en général que les équipements certifiés et portés au moment de l'accident. La preuve d'achat enfin : sans facture, l'indemnisation se fait au mieux sur une base forfaitaire. Conserver les factures dans un dossier numérique au moment de l'achat coûte cinq minutes et change le montant perçu.

Le gilet airbag pose un cas particulier. Sa cartouche se remplace après chaque déclenchement, et tous les contrats ne prennent pas en charge ce rechargement, qui n'est pas un dommage mais un consommable. La question se pose à la souscription, pas après. Pour l'équipement lui-même, nos repères sur le choix d'un casque modulable et l'ensemble de nos guides consacrés à l'équipement du motard aident à chiffrer ce qu'une garantie à mille euros couvre réellement.

Les accessoires montés sur la moto suivent une autre logique. Top-case, pare-brise, poignées chauffantes, échappement non d'origine : ils ne sont couverts que s'ils ont été déclarés, et souvent dans la limite d'un plafond distinct. Un échappement non homologué peut même constituer un motif d'exclusion, la modification sortant le véhicule de sa conformité.

Quelles options choisir sur un contrat moto ?
Par ordre d'utilité réelle : la garantie personnelle du conducteur, qui est la seule à couvrir le pilote, puis la garantie équipement si votre tenue représente une somme significative, puis l'assistance sans franchise kilométrique si vous roulez loin de chez vous. Le rachat de franchise et le véhicule de remplacement viennent ensuite, et le second n'a d'intérêt que si la moto est votre moyen de transport quotidien.

Le véhicule de remplacement mérite une lecture attentive, parce que son intitulé promet plus qu'il ne donne. La prise en charge se limite souvent à quelques jours de location, et le véhicule proposé est parfois une citadine plutôt qu'un deux-roues, ce qui ne règle pas le problème d'un motard en ville. Quand la garantie prévoit bien une moto de location, vérifiez la cylindrée maximale : elle est fréquemment plafonnée à 125 cm3, quelle que soit celle de la machine immobilisée.

Vol et incendie : les conditions qui font tomber la garantie

Le vol est le sinistre où la lecture des conditions générales d'une assurance moto rapporte le plus, parce que la garantie y est presque toujours assortie d'obligations à la charge de l'assuré. Les plus courantes sont un antivol d'un type précis, souvent homologué par un organisme reconnu de la profession, l'usage effectif de cet antivol y compris pour un arrêt bref, et parfois un second dispositif ou un stationnement dans un local fermé la nuit.

Le non-respect de ces conditions ne réduit pas l'indemnisation : il la supprime. C'est la différence entre une exclusion et une franchise, et elle se joue sur une ligne du contrat. Quelques points à vérifier avant de compter sur cette garantie :

  • Le type d'antivol exigé, et sa référence si le contrat la précise.
  • L'obligation éventuelle de fournir les deux clés à la déclaration de sinistre.
  • Le délai de déclaration, souvent de deux jours ouvrés, et le dépôt de plainte préalable.
  • Le délai de carence avant indemnisation, pendant lequel la moto peut encore être retrouvée.
  • La base d'indemnisation : valeur à dire d'expert, valeur à neuf pendant les premiers mois suivant l'achat, ou valeur d'achat.

La base d'indemnisation est le point qui crée le plus de déceptions. Sur une moto de quelques années, la valeur à dire d'expert peut s'éloigner nettement du prix payé, surtout si l'achat s'est fait au-dessus de la cote. Les repères que nous donnons pour acheter une moto d'occasion valent aussi pour anticiper ce que l'assureur retiendra en cas de vol.

Assistance, protection juridique et véhicule de remplacement

L'assistance est l'option la plus souvent mal évaluée, parce que son intérêt dépend d'un seul paramètre : la franchise kilométrique. Une assistance qui n'intervient qu'au-delà de cinquante kilomètres du domicile ne sert à rien pour une panne en bas de chez soi, qui est pourtant le cas le plus fréquent. L'assistance zéro kilomètre coûte un peu plus et change la nature du service.

Trois précisions utiles pour un pilote qui voyage. Le rapatriement de la moto et celui du conducteur ne sont pas toujours garantis ensemble. L'étendue géographique est limitée à une liste de pays, qu'il faut vérifier avant un départ vers l'est de l'Europe ou le Maghreb. Et la prise en charge de l'hébergement, si elle existe, est plafonnée par nuit et par personne. Ces points se lisent en même temps que les vérifications à faire avant un grand trajet.

La protection juridique, souvent offerte dans les formules hautes, prend en charge les frais de défense et de recours après une collision. Elle devient réellement utile dans deux cas : un litige sur le partage de responsabilité, et un désaccord avec votre propre assureur sur le montant proposé. Dans ce second cas, vérifiez qu'elle permet de désigner un avocat de votre choix et non un prestataire imposé.

Hivernage, usage occasionnel et moto peu roulée

Beaucoup de motos dorment six mois par an, d'octobre à mars. Plusieurs assureurs proposent pour ce cas une formule moins chère pendant les mois d'immobilisation, qui maintient le vol et l'incendie tout en suspendant la garantie circulation. L'économie est réelle sur une machine de loisir, à deux conditions : la moto doit rester dans un local fermé, et la reprise de garantie doit être demandée avant le premier trajet, ce qui se fait parfois en ligne mais pas toujours instantanément.

Une suspension pure et simple du contrat est une autre option, moins recommandable : elle interrompt l'antériorité et laisse la moto sans couverture vol. Elle ne dispense pas non plus de l'obligation d'assurance tant que le véhicule reste immatriculé et susceptible de circuler. Pendant cette période, l'assurance habitation peut couvrir certains dommages au local, jamais la moto elle-même. Le bon réflexe est plutôt de profiter de cette pause pour la partie technique : nos repères d'entretien rassemblent ce qui se fait avant et après un hivernage.

Les contrats à kilométrage limité suivent la même logique côté tarif. Le dépassement du plafond déclaré se régularise dans les mois qui suivent, sans conséquence sur la garantie, mais un écart systématique entre le kilométrage déclaré et le kilométrage réel peut être reproché au moment d'un sinistre important.

Assurer une moto de collection

Une moto de plus de trente ans peut être assurée dans le cadre d'un contrat dédié, généralement beaucoup moins cher qu'une assurance moto classique pour une machine de valeur équivalente. La raison est statistique : ces motos roulent peu et sont conduites par des propriétaires expérimentés. En échange, le contrat impose des limites d'usage, souvent un kilométrage annuel restreint et l'exclusion des trajets quotidiens.

Deux particularités comptent. La valeur assurée est fixée par accord, sur la base d'une expertise ou d'un avis de club, et non par la seule cote : c'est le seul moyen de couvrir correctement une machine restaurée dont la valeur dépasse largement l'argus. Et la carte grise de collection, délivrée sur avis de la Fédération française des véhicules d'époque, n'est pas obligatoire pour obtenir ce type de contrat, même si elle facilite le dossier. L'âge du véhicule suffit le plus souvent, trente ans étant le seuil retenu par la quasi-totalité des assureurs.

Comment assurer une moto de collection ?
En passant par un contrat dédié aux véhicules de plus de trente ans, proposé par les assureurs spécialisés et par les courtiers du milieu. La valeur de la machine est fixée par accord sur la base d'une expertise, ce qui permet de couvrir une restauration au-delà de l'argus. En contrepartie, l'usage est limité : kilométrage annuel plafonné et exclusion des trajets quotidiens sont la règle.

Comparer les devis sans se tromper de ligne

Un comparateur d'assurance moto sert à dégrossir, pas à décider. Il interroge un panel d'assureurs partenaires, donc incomplet, et il compare des offres que chaque compagnie nomme différemment. Pour que l'exercice ait un sens, il faut ramener toutes les offres à un jeu de garanties identique.

La grille à remplir pour chaque proposition

  • Montant de la prime annuelle, frais de fractionnement compris si vous payez par mois.
  • Plafond et seuil d'intervention de la garantie du conducteur.
  • Franchise de chaque garantie, en distinguant vol, incendie et dommages tous accidents.
  • Plafond de la garantie équipement et conditions de prise en charge.
  • Franchise kilométrique de l'assistance et liste des pays couverts.
  • Conditions d'antivol et de stationnement imposées pour le vol.

Trois interlocuteurs possibles, aux logiques différentes. L'agent d'une compagnie ne propose que les produits de celle-ci. Le courtier spécialisé deux-roues travaille avec plusieurs assureurs et connaît les profils difficiles, ce qui en fait souvent le bon contact pour une grosse cylindrée ou un conducteur malussé. La mutuelle de motards, enfin, applique une sélection différente et peut se révéler compétitive là où les généralistes refusent.

Côté pièces, la souscription demande le permis de conduire, la carte grise du véhicule ou le bon de commande, un relevé d'information de moins de trois mois si vous étiez déjà assuré, et un justificatif de domicile datant de moins de trois mois. Le contrat prend effet à la date convenue, jamais avant le paiement de la première cotisation, et il faut s'assurer de cette date de prise d'effet avant de rouler : un achat le samedi avec une garantie démarrant le lundi laisse deux jours sans couverture.

Comment comparer les assurances moto efficacement ?
En comparant des garanties et non des intitulés commerciaux : le même nom de formule ne couvre pas la même chose selon l'assureur. Ramenez chaque devis à une grille commune comportant la prime annuelle frais compris, le plafond et le seuil de la garantie du conducteur, les franchises de chaque garantie, le plafond équipement et les conditions d'antivol. Interrogez au moins un assureur spécialisé deux-roues en plus des généralistes.
Comment souscrire une assurance moto ?
Par un devis en ligne, en agence ou par l'intermédiaire d'un courtier, après avoir réuni le permis de conduire, la carte grise ou le bon de commande, un relevé d'information de moins de trois mois et un justificatif de domicile. La garantie prend effet à la date indiquée au contrat et jamais avant le paiement de la première cotisation : vérifiez cette date avant de prendre la route avec la moto.

Changer de contrat, et les dates qui comptent

Un contrat d'assurance moto se résilie à son échéance annuelle, avec un préavis généralement de deux mois. L'assureur doit rappeler cette date limite dans l'avis d'échéance ; s'il l'envoie trop tard, le délai de résiliation est prolongé. Au-delà de la première année, la résiliation devient possible à tout moment chez la plupart des assureurs, le nouveau contrat pouvant se charger des formalités.

D'autres événements ouvrent un droit de résiliation en cours d'année : la vente de la moto, un changement de domicile, de situation matrimoniale ou de profession modifiant le risque, et une augmentation de tarif non prévue au contrat. En cas de vente, le contrat est suspendu de plein droit le lendemain de la cession, et la portion de cotisation non courue est remboursable : il faut la demander, elle n'est pas toujours restituée d'office.

Un dernier réflexe, souvent oublié : le relevé d'information. Demandez-le à chaque changement d'assureur et conservez-le. C'est le seul document qui prouve votre coefficient et votre historique de sinistres, et son absence fait repartir une négociation de zéro. Il se demande par simple contact écrit, et l'assureur est tenu de le fournir.

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